2 filles nues
Voici donc la dernière production de Luz, rescapé de Charlie Hebdo pour avoir été en retard le matin des attentats. J’avoue ne pas connaître particulièrement l’œuvre de cet auteur, ce livre étant le premier que je lis de lui.

Ce livre se penche sur le parcours d’une peinture (le « 2 filles nues » du titre) d’un peintre allemand, Otto Mueller, de sa création en 1919 jusqu’à nos jours, la plupart du livre se passant avant et pendant la seconde guerre mondiale. L’originalité de cette BD, c’est qu’on suit la vie de ce tableau de son point de vue, comme si on était dans le tableau, donnant une narration unique. C’est aussi l’occasion de voir des « petites » histoires (le tableau qui passe de mains en mains, de son créateur à des collectionneurs, en étant accroché sur les murs de leurs habitations) imbriquées dans la grande histoire (l’accession au pouvoir d’Hitler et des nazis et leur conception toute particulière de la culture et de l’art). Et la contrepartie, c’est qu’on ne voit jamais ce fameux tableau (qui existe vraiment et dont l’histoire racontée colle à la réalité) avant la dernière page.

Ce livre, c’est une ode à la liberté d’expression et à l’art. En l’occurrence, l’art moderne de l’époque, considéré comme déviant, pornographique ou bien encore dégénéré par les nazis. Il est d’ailleurs assez savoureux d’apprendre que l’exposition organisée par le IIIème Reich à Munich pour dénoncer l’horreur et la décadence de cet art moderne a eu beaucoup plus de succès que l’exposition qui célébrait l’art nazi.
Pour ma part, j’ai trouvé très émouvant certains passages, en particulier ceux avec Ruth qui évoque la spoliation du tableau et sa restitution.
