Strange multiverse of madness
Je regarde assez rarement des films Marvel: si je me fie à mon compte Letterboxd, j’en regarde en moyenne un par an. Il faut dire que depuis le premier Iron Man que j’avais beaucoup aimé, il y a eu d’excellentes propositions (comme le tout premier Avengers qui dans le genre blockbuster d’action avec de l’humour est une référence), mais aussi des films qui m’ont beaucoup moins séduit, quand je n’ai pas carrément fait l’impasse sur eux. La multiplication des formats et des projets, pas toujours enthousiasmants et dont le seul objectif est le plus souvent de soutirer un max de thunes aux fans, m’a plutôt fait fuir au lieu d’entretenir la flamme. Mais quand j’apprends que Sam Raimi, réalisateur que j’affectionne que ce soit pour la saga des Evil Dead, mais aussi pour l’excellent « un plan simple » ou encore le sous-côté « Mort ou vif », surtout connu des fans de super héros pour avoir réaliser les Spiderman avec Tobey Maguire dans le rôle titre, était aux manettes du dernier film Dr Strange, ça a un peu éveillé ma curiosité. Pas assez cependant pour que j’aille le voir au cinéma mais l’occasion s’étant présentée récemment, je me suis décidé à lui donner une chance à la maison.

Dr Strange n’est certainement pas le héros le plus connu de l’univers Marvel d’un point de vue historique. Avant l’apparition du MCU, il était quasi inconnu en France, Hulk ou Spiderman étant des personnages bien plus ancrés chez le public. Moi même, je dois avouer que la première fois que j’en ai entendu parler, je pensais qu’on parlait de Mandrake (les connaisseurs vont bien rire). Cela étant, le personnage a été bien introduit dans un premier film plutôt efficace et Dr Strange n’a cessé d’apparaitre ensuite dans plusieurs films du MCU jusqu’à en faire un personnage incontournable dans Infinity War. Magicien spécialiste des arts occultes, il est incarné à l’écran par Benedict Cumberbatch.

Ce qui m’intéresse particulièrement dans le films de super héros, c’est la genèse de ceux ci: qui ils étaient avant, comment ils ont gagné leurs pouvoirs et que s’imaginent ils en faire ensuite. C’est ce qui fait le charme du premier Spiderman, mais aussi de Incassable (si si, c’est bien un film de super héros) ou bien encore de Kick Ass. Ici dans ce Multiverse of Madness, Strange maitrise ses pouvoirs depuis longtemps, il n’y a plus la magie de la découverte et l’ivresse de la nouveauté. Mais, la promesse du multivers est là pour renouveller la formule et créer à nouveau de l’intérêt. Ca, c’est sur le papier.

Parce que dans ce film, il y a plein de choses de ratées. On va prendre dans l’ordre les choses qui fâchent: le multivers en premier lieu. Quand on voit les possibilités offertes par ce concept (« into the spiderverse » en 2018 avait défriché le terrain en animation, et en 2022 « Everything Everywhere All at Once » avait rendu une copie foutraque et rafraichissante) on ne peut qu’être déçu du résultat: on ne visite finalement que peu de réalités alternatives qui ne vont finalement servir qu’à des caméos plus ou moins inspirés (ce qu’à refait Deadpool cette année à priori).
Ensuite, le « vilain » de l’histoire, Wanda la sorcière rouge, n’est absolument pas crédible dans ce contexte. Elle qui était jusqu’à présent une héroïne bascule dans la folie et la noirceur. On y croit que très moyennement et c’est réellement dommage de gâcher ce personnage après la très bonne série Wandavision.

Pour finir rapidement (j’aurais encore plein de choses à dire mais j’ai surtout bien mieux à faire), on ne se sent absolument pas concerné par les enjeux (on parle de la destruction d’univers entiers quand même), les motivations des différents personnages sont peu crédibles et il n’y a pas de logique dans la plupart des actions de part et d’autre.
Heureusement que je ne l’ai pas vu au cinéma. Reste quand même une réal sympa (merci Sam Raimi) et des effets spéciaux impressionnants par moments, mais ça n’a jamais rendu un film mauvais en bon film. Bref, je déconseille, passez votre chemin, vous avez certainement mieux à faire avec votre temps libre.
